Une île musicale 2

Il est maintenant temps de vous présenter quelques artistes Islandais moins connus (pour l’instant) de la scène internationale.

Parlons tout d’abord d’Axel Flóvent.

Vous n’en avez sûrement jamais entendu parler, et c’est normal. J’ai découvert ce jeune homme à la jolie voix lors du festival Iceland Airwaves qui se déroule chaque année à Reykjavík. Si vous avez des sous à dépenser, c’est vraiment un événement que je vous conseille. Les puristes diront, comme toujours, que « avant c’était mieux », « y a trop de monde à Airwaves maintenant », « quoi il faut faire la queue pour entrer dans la salle, quel scandale », etc. Alors oui, en effet, le festival est victime de son succès, mais ça n’en fait pas moins cinq jours de supers concerts et d’une ambiance géniale. La plupart des artistes Islandais se produisent également en off-venue, c’est à dire gratuitement, dans plusieurs petites salles de la capitale : auberges de jeunesses, bars, et même vitrines de magasins de sport (oui oui)… Ainsi, même sans payer sa place, il est toujours possible de profiter de l’atmosphère musicale qui règne dans la ville.

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Airwaves 2015

Donc pour en revenir à Axel Flóvent, il écrit de jolies chansons toute mignonnes, qu’il interprète très justement, accompagné de sa guitare. Plutôt timide, il a quand même produit lui-même son premier EP, et va boire son café au Roasters à Reykjavik, un super endroit donc une super personne (oui, logique implacable). Axel se produit à Brighton au mois de mai dans le cadre du festival The Great Escape, où il partage l’affiche avec un autre groupe nordique que j’affectionne (mais cette fois-ci Finlandais), Le Corps Mince de Françoise. Si vous savez pas quoi faire après les partiels…

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Axel Flóvent

Mais aussi, de dj. flugvél og geimskip

DJ quoi ?! Haha oui oui ne faites pas semblant, je vous ai entendu. Flugvél, en islandais, signifie « avion » et geimskip « vaisseau spatial », je vous présente donc DJ avion et vaisseau spatial, ou DJ airplane & spaceship pour les anglophones. Une demoiselle au style ma foi assez particulier, (ce qui, j’espère, ne vous surprend plus, on parle de la musique islandaise après tout) mais absolument hypnotique. Je n’ai malheureusement pas eu la chance de voir une de ses représentations (non, à ce niveau là, ce ne sont plus des « concerts ») et ce malgré les nombreuses occasions, que j’ai toujours lamentablement ratées. Heureusement, je me rattrape aujourd’hui grâce à la radio KEXP, qui, chaque année, suit minutieusement Airwaves. Dj flugvél porte des bagues qui font de la lumière multicolore, chante à propos des chats démoniaques qui envahissent Reykjavik la nuit, et c’est la nièce de Didda, la madame chez qui j’ai vécu en Islande.

Et pour finir, FM Belfast

Comme leur nom ne l’indique pas, FM Belfast est pourtant bel et bien un groupe islandais que j’affectionne tout particulièrement. J’irai peut-être même jusqu’à dire, tenez vous bien, que c’est mon groupe islandais préféré, oui oui, mon préféré. Je connaissais déjà une ou deux de leurs chansons avant d’aller à leur concert, et il me tardait de les voir en live, mais que fut ma surprise à la découverte de leur SHOW de folie qui clôtura d’ailleurs Airwaves. Jamais je n’avais vu auparavant autant d’énergie, de joie, de fête, tout en même déployées sans aucune retenue sur scène, et transmises avec autant d’intensité au public. Vraiment. Tout le public dansait, sautait, chantait au rythme des membres du groupe sur scène, qui n’arrêtaient pas de courir partout tout en lançant à la foule cotillons et rubans colorés en pagaille. Climax du concert lorsqu’ils finissent sur leur chanson « Underwear », qui parle en gros de gens qui courent dans la rue en sous-vêtements car il n’y a rien à faire et qu’il ne se passe rien (surement lors de vacances dans la campagne islandaise…), où ces messieurs dames sont allés jusqu’à ôter quelques habits superflus. Ils sont géniaux. Je m’amusais tellement que j’ai oublié de prendre une photo. Désolée.

Je sens que l’article commence à se faire long, et je vais donc devoir abréger un peu. Je vous laisse donc découvrir les groupes suivants grâce à ce formidable outil appelé Youtube, et, promis, ça vaut le coup.

Ásgeir, c‘est doux, c’est joli, c’est chouette.

Dikta, un peu plus rock, crescendo par rapport au précédent, très cool.

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Hihihi Ramo et moi avec Dikta

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Dikta en off-venue à Airwaves, non vous ne rêvez pas, ils jouent bien dans la vitrine d’un magasin. Et oui, c’est tout à fait normal.

Úlfur Úlfur. Si vous aimez le hip-hop, c’est très bien. Si vous n’aimez pas, écoutez quand même, car c’est très drôle. Rapper en islandais à dos de cheval, ça ne s’invente pas : check it out tout de suite ! Finalement c’est peut-être eux mes préférés…

Pendant un concert de Vök, votre coeur semble battre plus fort que d’habitude. Je ne vous en dit pas plus… Deux dates en France pour l’instant, le 17 mars à Lille et le 18 à Paris.

Agent Fresco, plus rock du coup, ne fait pas toujours l’unanimité, moi j’aime beaucoup (oui je sais j’aime tout beaucoup ça va ça va) mais j’ai entendu quelques Danois et Suédois parler de « bruit ». Donc bon apparemment pas pour tous les goûts ! Pour moi, c’est beaucoup d’énergie, beaucoup d’amour, beaucoup de beaucoup.

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Ai-je vraiment besoin de préciser ?

Et, pour finir, la belle SóleySóley je l’aime, elle est trop gentille, elle fait des blagues un peu bizarres mais qui sont quand même drôles, elle a une voix magnifique et fait des supers chansons, sans prétention. Je vous conseille Blue Leaves, ma fav’ du moment.

Bonne écoute…

Une île musicale

Ah, l’Islande, terre volcanique, terre cascadique, terre photogénique, et, bien sûr, terre artistique.

Les Islandais, nos faux-vikings préférés, sont très (très) fiers de leur scène culturelle : peinture, sculpture, littérature, et, bien sûr, et j’ai presque envie de dire, surtout, leur musique. A chaque visite guidée, vous aurez sûrement droit à toutes les anecdotes numériques possibles, comme par exemple « Saviez-vous que l’Islande est le pays avec le plus de prix de Nobel, comparativement à sa population ? Et oui, 1 pour 300 000 habitants. Impressionnant hein ? » ou bien « Malgré notre petitesse, nous avons deux orchestres symphoniques vous savez ». Alors oui, on peut dire que c’est quand même un peu tricher de tout ramener à la taille comme ça, mais il faut reconnaître que les Islandais s’y connaissent quand il s’agit d’arts.

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Je partage avec vous quelques aquarelles réalisées par Didda, proprio’ et artiste

Dans cet article, je vais donc vous parler de la scène musicale de notre île polaire chérie.

Alors, bien sûr, on ne peut pas parler de musique islandaise sans évoquer Björk, icône internationalement, que dis-je, universellement connue, notamment pour son style très particulier. On adore, ou on aime moins, en tout cas elle ne laisse personne indifférent (à part peut être, les Islandais eux-mêmes, qui semblent s’être lassés de sa notoriété). Personnellement, je n’aime pas toutes ses chansons, mais j’en adore certaines, et j’admire vraiment son originalité. C’est, de plus, une artiste sans prétention, ce qui est appréciable. Il paraît qu’une fois, en tournée quelque part dans le monde, un de ses musiciens est tombé malade. Qu’a t-elle fait pour lui trouver un remplaçant ? Elle a mis une petite note sur le tableau d’annonces de l’université la plus proche. Vous imaginez ? « Cherche musicien, signée Björk ». Bah quoi ? De plus, elle a récemment utilisé sa notoriété pour une cause environnementale qui la tient à coeur : la protection des paysages islandais contre l’exploitation de l’énergie hydraulique par des sociétés étrangères. Non vraiment, moi je dis chapeau bas.

Ma préf’ (bon, ok, une de mes préf’), Flétta , en duo avec Anthony and the Johnsons. C’est une des chansons qui déclenche chez moi un torrent de larmes et des contractions du coeur si je l’écoute dans un moment pas top. Ce que je fais toujours, évidemment.

Mais on est pas ici pour parler de Björk. Björk, vous connaissez, je n’ai rien à vous apprendre de plus, et si, vraiment, son histoire vous intéresse, Google est là pour vous aider (ou même mieux, utiliser plutôt Ecosia, un moteur de recherche qui aide à planter des arbres, oui oui)

Passons maintenant au deuxième groupe le plus connu d’Islande, j’ai nommé Sigur Rós, que vous avez peut-être pu découvrir dans l’épisode du Purple Wedding de Games of Thrones (mais j’espère que vous connaissiez avant comme même). En effet, ils interprètent la fameuse chanson « Rains of Castamere », en personne, lors du mariage du méchant Joffrey. Mais Sigur Rós, c’est bien plus qu’une simple apparition dans une série ultra méga connue. Ils avaient déjà sorti de nombreux albums auparavant, notamment Takk… et celui où ils courent tout nus sur la pochette, qui contiennent des mélodies plus belles les unes que les autres. Sigur Rós, c’est aussi une série de vidéos, chacune à la manière d’un court-métrage, dont ma préférée Fjögur píanó, starring Shia LaBeouf himself. Enfin, leur dernier projet intitulé Circe et sorti en août dernier, est la bande originale d’un documentaire (avec images inédites) sur l’art du cirque. Ah, et ils sont en ce moment même en train d’enregistrer un nouvel album. Bref, c’est divers, c’est varié, c’est beau, c’est Islandais.

Pour bien commencer la journée, je vous conseille Gobbledigook de l’album Með suð í eyrum við spilum endalaust. Si vous vous demander encore pourquoi je ne parle toujours pas l’Islandais après quatre mois sur l’île, ceci vous sert de piste de réflexion.

Bon, est-ce-que je vous parle de Of Monsters and Men maintenant ou eux aussi c’est bon on connaît ? Leur musique est cool et leurs clips aussi. C’est vrai qu’on a tendance à s’en lasser un peu tant ils passent à la radio, mais bon, on leur en veut pas. Ils ont récemment effectué une tournée mondiale qui les emmené jusqu’au sud de l’Afrique du Sud, donc vraiment loin de chez eux pour le coup, et on leur souhaite encore pleins de réussite. Sinon, c’est le genre de musique qui passe quand même toujours, et satisfera à peu près tout le monde en voiture, même si le trajet dure une semaine (ne demandez pas à mes compagnons de route ce qu’ils en pensent, ils n’y connaissent rien). Et, oui, ils sont également Islandais. Et ils sous-titrent leurs chansons ! Vous pouvez faire des karaokés de ouf en soirée (tout en regardant un beau clip en plus !), et cela est un avantage non négligeable. Voilà voilà…

Poussez la chansonnette sur I Of The Storm, ou Empire, ou n’importe laquelle en fait, à force de les écouter je n’arrive plus trop à faire la différence.

Dans le prochain article, il sera temps de passer aux groupes (un peu) moins connus, mais qui valent toutefois le détour, voire même plusieurs détours. On parlera entre autres de Axel Flovent, Vök, Soley, du festival Iceland Airwaves… tout ça tout ça !

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Illustration de Karin Kurzmeyer, « Iceland seen through foreign eyes ». Véridique. 

Les 10 trucs complètement Islandais

10) Économiser l’eau en Islande n’a aucun sens

Non, vraiment, ça n’a pas de sens. Je sais bien qu’on vous répète à longueur de temps à la maison de ne pas laisser couler l’eau quand on se brosse les dents, quand on se lave les mains, quand on fait son shampoing… En Islande, on te conseille au contraire de laisser couler ta douche une bonne quinzaine de minutes afin d’obtenir la température idéale. Et oui, véridique. D’ailleurs, c’est pareil pour le chauffage : la plupart des maisons étant chauffées grâce à l’énergie hydraulique, ou l’hydrothermie, enfin grâce à l’eau quoi, et cette ressource étant abondante, ça ne coûte quasiment rien. Ne vous étonnez donc pas de voir le chauffage à fond dans la salle de bain, la fenêtre ouverte et l’eau qui coule mais personne sous la douche : tout est normal. Ah, oui, l’odeur d’œuf pourri et les bijoux en argent qui noircissent, ça aussi c’est normal. L’eau qui se trouve dans le sol est déjà chaude du fait de l’activité volcanique de l’île, et qui dit volcan, dit soufre, et qui dit soufre, dit odeur d’œuf pourri et bijoux qui noircissent. Voilà.

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De l’eau partout, on vous dit

9) Se sentir gêné parce qu’on renifle non plus

Alors, je ne veux vexer personne hein, mais c’est quelque chose que j’ai quand même remarqué à plusieurs reprises, les Islandais reniflent (parfois) assez fort, et ce même à table. La première fois que j’ai dîné au restaurant avec quelqu’un d’un peu enrhumé, je vous dit pas, j’ai presque sursauter en entendant ce grand bruit. C’était au tout début de mon séjour, et j’étais un peu choquée par cette habitude peu ragoutante. Puis j’ai passé quatre mois en Islande, et pas les plus chauds. J’ai fait des randonnées, je suis allée à la piscine, j’ai risqué ma vie pour aller à l’université à cause du sol verglacé, et j’ai attrapé un petit rhume à de multiples reprises… Et c’est là que je me suis rendue compte qu’en fait c’était une super habitude, parce que c’est vraiment chiant de passer sa vie à aller acheter des mouchoirs. A Reykjavik fais comme les Reykjavikiens comme on dit.

8) Allez savoir pourquoi, il semble que toutes les serrures du pays soient montées à l’envers

Si quelqu’un a une explication, je prends avec plaisir. Je n’ai absolument aucune idée de pourquoi, quand la serrure est située à gauche de la porte, il faut quand même tourner sa clef vers la gauche pour ouvrir le verrou. Il est d’ailleurs possible que ça ne s’applique pas à l’ensemble du pays, je n’ai pas testé tant de serrures, mais c’est quelque chose de récurrent. Cette habitude m’a même suivie jusqu’à mon retour en France : en rentrant à Bordeaux, j’ai bien du passer cinq bonnes minutes devant la porte de mon immeuble à me demander si les propriétaires avaient changer la serrure sans me prévenir. « Mince, mais c’est bizarre… Ca marche pas… Je comprends pas c’est pourtant la bonne clef… Vraiment alors c’est étrange… Ils ont quand même pas fait changer les serrures… Comment je vais faire moi… Je suis fatiguée en plus et j’ai faim… Ils auraient pu prévenir quand même… Pourquoi je suis jamais au courant de rien… Super sympa les gens merci…… … … … … … Ah mais d’accord en fait c’est juste moi qui suis bête je tourne la clef dans le mauvais sens depuis tout à l’heure ! Sauvée ! »

7) On laisse les bébés dehors quand on va boire son café

Bon, ça, j’avoue, c’est pas vraiment typiquement islandais : c’est typiquement scandinave aussi. Ça fait un peu bizarre la première fois que tu vois une jeune maman garer sa poussette à l’extérieur de la cafétéria de l’université, près de la fenêtre tout de même, puis s’installer à l’intérieur avec ses copines autour d’une soupe à la tomate. Soit dit en passant, avoir des enfants tôt, au début de la vingtaine, alors même qu’on est en plein dans ses études, c’est également assez banal. Il n’est pas rare de voir de jeunes parents et leurs bébés déambuler dans les couloirs de la fac, ou bien de jeunes filles enceintes en train de réviser leurs partiels. C’est tout à fait accepté et des infrastructures sont mises en place pour aider la gestion du temps entre études et famille. Les parents et grand-parents semblent de même assez présents. Une petite île, une petite ville, les Islandais forment, finalement, qu’une seule grande famille où l’entraide est de mise. Bref, pour en revenir au sujet, après une longue conversation avec une amie norvégienne qui ne voyait absolument pas le problème des poussettes dehors, j’ai appris qu’apparemment les bébés dorment mieux dehors, dans le froid, s’ils sont bien couverts (c’est à dire emmitouflé dans une bonne couverture et de gros habits de laine). Et puis, c’est pas comme si quelqu’un allait voler leur enfant : les seuls criminels Islandais sont banquiers…

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Les fameuses poussettes avec les fameux bébés dedans

6) La piscine est un haut lieu de socialisation

Et oui ! Si votre rêve ressemble à une piscine géante entourée de jacuzzis et autres bains d’eau salée, si vous adorez jouer aux échecs tout en barbotant gaiement, et si, pour vous, rien n’est plus agréable que de profiter d’un bon bain chaud géant (en extérieur ou non), alors qu’il fait 0 degré dehors et que les aurores boréales dansent au dessus de votre tête, l’Islande est un pays pour vous. Aller à la piscine se fait entre amis, en famille, ou bien tout seul, et ce plusieurs fois par semaines. Chaque village a une piscine municipale qui, certes, n’aura peut-être pas toujours le même « charme » touristique que le Blue Lagoon, mais représente pour les Islandais un lieu privilégié à la fois pour le sport et la détente. Il est d’ailleurs souvent conseillé aux personnes souhaitant s’exercer à la langue islandaise de s’installer dans un de ces bains chauds et de démarrer une conversation avec son voisin : rien de plus normal, une grande famille, vous dis-je. Attention, il est par contre interdit d’aller se baigner avant de s’être bien lavé auparavant. Les douches sont communes, avec à l’entrée un dessin explicitant clairement les zones à savonner. Et sans maillot, s’il vous plait ! Sinon la dame (ou le monsieur, j’imagine, chez les hommes) en charge de veiller à l’hygiène va venir vous rejoindre sous la douche et vous réprimander haut et fort, devant tout le monde, vous sommant de vous dénuder. La honte.

5) Les Islandais n’ont pas de nom de famille

Bah non, ils en ont pas, ou plutôt pas vraiment. Ils ont bien un autre nom après leur prénom, comme tout le monde, sinon j’imagine qu’ils rencontreraient des difficultés pour créer un compte sur FB ou pour voyager, mais ce n’est pas tout à fait un nom de famille. En effet, les femmes sont appelées « fille de » et les hommes « fils de », précédé du prénom de leur père. En Islandais, ça donne respectivement « dottir » et « sson ». Par exemple, si j’étais née en Islande, je m’appellerais Ingrid Robertsdottir, et mon frère serait John Robertsson. Ma mère aurait également un autre nom de famille, et mon père encore un autre. Allez expliquer ça à la douane américaine, quatre membres d’une même famille avec quatre noms différents… De plus, la loi islandaise est assez stricte en matière de prénom, et il n’est pas question de nommer vos enfants comme bon vous l’entendez. Pas de « Jetaime » et autres appellatifs ridicules. Mais si vous voulez appeler votre enfant Thor, aucun problème, c’est super tendance et, avouons-le, ça a du style.

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Tout va bien : mon prénom est sur la liste

4) Et une application pour vérifier leur degré de parenté

Une grande famille, je vous dis. Better be safe than sorry, il vaut mieux vérifier de combien de degré de cousinitude est votre copain (puisque, de toutes façons, en Islande, vous êtes forcément cousins) avant de prendre la décision de faire des enfants ensemble. Christine Boutin approuve.

3) Tout le monde a déjà vu Bjork aller faire ses courses / à la piscine

Je ne sais pas combien de fois je vais devoir le répéter tout au long de ce blog, mais l’Islande, c’est vraiment petit. Imaginez : 320 000 habitants (non je n’ai oublié aucun zéro, oui c’est à peu près la taille de Bordeaux) sur une île qui, bien que relativement grande, n’a que la côte d’habitable. La moitié de la population vit à Reykjavik, et la seconde ville du pays, Akureyri, au nord de l’Islande, n’accueille qu’un peu moins de 20 000 âmes. Le reste de la population est dispersée, ça et là, dans cette vaste campagne côtière… Rien d’étonnant donc de croiser des célébrités à tous les coins de rue ! Une fois, une Islandaise de ma connaissance m’a dit, surprise, « Ah bon tu n’as pas encore vu Bjork ! Tiens c’est rigolo, je regardais la dernière fois par curiosité, en fait c’est ma cousine au deuxième degré ». Ben voyons.

2) Et ce n’est pas un big deal

Oui, c’est normal ici. Tout comme d’appeler le Président par son prénom et de lui servir le café, comme s’il était n’importe quel client de la boulangerie. Un problème ? N’hésitez pas à contacter le Ministre responsable, dont voici les coordonnées privées. Peut-être même que vous pouvez le trouver dans l’annuaire !

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Pour illustrer la petitesse du pays, je vous présente le Parlement

1) Le SKYR

Pour finir, LE truc Islandais, j’ai nommé le Skyr. Le Skyr est une sorte de gros yaourt épais qui n’en est pas vraiment un, plein de protéines, très bon pour la santé et aux multiples saveurs (il y en a vraiment pour tous les goûts). Bien plus apprécié que la baleine ou le requin pourri, qui font pourtant partis de tous les menus touristiques, le Skyr est, plus qu’un dessert, un art de vivre. J’adore le Skyr. En plus, c’est vendu avec une petite cuillère pliable dedans, le comble du pratique. Vraiment c’est super. De toutes façons, l’Islande en général c’est super.

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Mon premier Skyr !

 

Du prix du logement vers une première escapade

Les loyers étant vraiment chers à Reykjavik, il est rare que les étudiants aient les moyens de se payer un studio ou un appartement pour eux. Le plus souvent, ils vivent chez leurs parents si ces derniers vivent à proximité (la plupart des jeunes ont une voiture et ont le permis dès 17 ans) ou en colocation. Pour les étudiants étrangers s’ajoute une autre option, celle des chambres d’hôtes ou guesthouse. Ambiance garantie dans ces dernières si vous voulez vivre l’expérience communautariste d’un séjour international (non je n’exagère pas). Ayant déjà vécu pendant plusieurs mois dans un immeuble seulement habité par des étudiants Erasmus en Roumanie, j’ai souhaité quelque chose de différent et me suis décidée pour une colocation.

Outre Didda, la propriétaire de l’appartement, j’ai vécu avec deux autres étudiantes étrangères : Anna, Autrichienne, qui faisait un stage au musée de la photographie, et Julie, Danoise, étudiante en littérature (je crois?). Pour vous faire une idée, pour 550 euros par moi j’avais une chambre d’environ 16m² (oui j’aime les grandes chambres) avec un petit balcon (et les petits balcons…), tous les draps et autres serviettes à disposition, ainsi qu’accès aux parties communes de l’appartement d’ailleurs très joli, plus ou moins situé au centre-ville, et même un chat…

C’est donc ainsi que j’ai rencontré Anna, et que, grâce à elle, j’ai pu rencontrer ceux qui deviendraient bientôt ma bande de copains (Danke Anna!) et partir en escapade dès mon premier week-end.

Visiter l’Islande est quelque chose de très facile : le pays a profité de la publicité gratuite suite à l’éruption de Eyjafjatlajokull, et le tourisme s’est développé très rapidement, avec toutes les infrastructures qui vont avec. Mais lorsque l’on n’a pas le permis, c’est de suite plus compliqué. Bien sur, il est toujours possible de faire des excursions en bus, mais cela coûte une fortune et il faut alors suivre la route toute tracée des itinéraires proposés. Heureusement mes chers amis avaient tous leur permis donc je n’ai pas eu beaucoup de problèmes, je n’avais qu’à suivre !

Pour ma première escapade, nous sommes partis à 5 : Anna, Ramona et Nico nos chers amis Allemands, l’autre Ingrid Française (oui, c’est bizarre comme coincidence) et moi même ; destination Snaellfellsness, la péninsule à l’ouest de l’île. Nous partons donc deux jours, et décidons de passer la nuit du samedi soir sous la tente. Au mois de septembre il fait déjà froid, mais cela reste supportable. L’important, c’est d’avoir un sac de couchage qui garantie votre confort à des températures autour de zéro (un très GROS sac de couchage, le truc le plus confortable du monde) et de dormir avec un bonnet afin que le froid ne s’infiltre pas dans votre corps. Personnellement j’ai super bien dormi. Il est possible de louer à peu près tout ce dont vous pourriez avoir besoin pour camper à Reykjavik, c’est un peu cher mais très pratique. Sinon, n’hésitez pas à demander à votre propriétaire, à des amis d’amis, à un voisin : cela se fait beaucoup et personne ne vous regardera bizarrement. Ou bien, si vous possédez déjà tout ce qu’il faut, vous pouvez bien sûr venir en Islande directement avec votre équipement. Les vols pour Reykjavik sont remplis de gens en tenue de randonnée, avec grosses chaussures et sac à dos, ce qui est très rigolo à observer au départ de Paris. Je les imagine bien dans le métro en train de mourir de chaud sous leurs trois polaires quechua pour économiser des frais de bagages…

Bref ! Nous voilà en route pour Snaellfellness ou quelque chose comme ça (je ne sais toujours pas l’écrire…). Nous décidons (enfin, ils décident, moi je débarque alors je suis plus qu’autre chose) de commencer par la côte sud de la péninsule, de trouver un camping vers le bout, puis de faire la côte nord le dimanche avec un arrêt un peu spécial, car nous voulons absolument participer au « rettir » (plus d’info dans les épisodes suivants). Très vite, je me rends compte, et ce pour la première fois, que l’espace disponible dans le cadre d’une photo est vraiment petit. J’essaie de capturer le paysage, mais je n’arrive qu’à attraper des petits bouts, par ci, par là. Malgré la frustration, je prends quelques clichés que voici, mais promis juré, c’est mieux en vrai.

 

 

 

Les premiers jours

Arriver dans un endroit encore inconnu, c’est souvent difficile, quoiqu’il arrive et quelque soit votre caractère. Certes, certaines personnes semblent mieux préparées à affronter l’ étrange étranger, ce futur ami mais qui, pour l’instant, n’en est toujours pas un, et qui semble déjà intégré à ce monde si nouveau pour nous. C’est une histoire bête, cette histoire, car on le sait bien, personne ne va nous manger. Toujours est-il que, d’un premier abord, la rencontre peut parfois ressembler à une épreuve insurmontable.

C’est mon premier « vrai » jour en Islande. Je m’éveille, dans ce nouveau lit, et regarde par cette fenêtre le paysage que je n’avais encore jamais observé. De ma chambre, pas grand chose d’intéressant : de petits immeubles, des travaux; une rue au nom imprononçable. Mais c’est une vue inédite, je m’ébahis plus ou moins.

« Alors c’est ici que je vais vivre… Et ben… »

Il est temps de se rendre à l’université pour assister au deuxième cours de la semaine, sachant que j’avais déjà raté le premier la veille. Nous sommes toujours mardi 1er septembre, et je me mets en route. Le premier challenge sera de trouver dans quelle direction se trouve ma destination. Malgré mon itinéraire savamment imprimé, j’ai des difficultés à trouver ma route. Les noms des différentes allées ne me font pas sens, je n’y comprend rien. Sommes-nous vers Hateigsvegur ou vers Flokagata, sommes nous à Laugavegur ou plutôt aux environs de Snorrabraut. Il me faut demander mon chemin, me tromper plusieurs fois, revenir sur mes pas, avant de finalement trouver la bon itinéraire.

Le temps vient alors de découvrir l’université, ses différents bâtiments, son organisation. Je me rends tout de suite au bureau des étudiants afin d’indiquer mon arrivée à l’administration. Au même moment, je reçois un mail de ma « buddy », une étudiante islandaise qui s’est proposée pour accueillir les nouveaux venus, et les aider dans leur intégration. Je rencontre alors Kolfinna, une étudiante islandaise en droit, ainsi que Sacha, qui étudie également les sciences politiques et vient des Etats-Unis. Pour un premier jour, c’est déjà pas mal : je ne suis pas seule, et ma buddy me fait visiter les lieux, afin que je ne me perde pas et arrive à l’heure pour mon premier cours.

Arriver dans un nouvel environnement est, pour moi, quelque chose de difficile. Je ne suis pas particulièrement timide, mais l’idée d’être là, ici, dans cet inconnu, entourée d’inconnus, qui ne sont pas plus intéressés que ça de me rencontrer, et devoir me confronter à eux et leur montrer mon intérêt… Je ne sais pas. C’est une sensation étrange, car je ne sais pas où est ma place, je ne sais pas vers qui aller, je ne sais plus comment me comporter. Bien sûr, la réponse est simple, il suffit de se comporter ni plus ni moins que normalement. Mais, sur le moment, cela n’a rien d’évident : on regarde à gauche, à droite, on cherche désespérément quelqu’un qui serait dans la même situation, en vain. Non, vraiment, la solution c’est d’être soi-même, sans crainte. C’est facile à dire, plus difficile à faire, m’enfin bon, tout devient plus facile avec le temps.

Pour l’instant, je pars donc en exploration on my own, me balade dans la ville et fait quelques musées histoire d’occuper mon temps et de ma familiariser avec mon nouvel environnement.

 

Le pourquoi du comment

On est le 1er septembre 2015, il est 2h30 du matin, mon avion vient d’atterrir à l’aéroport de Keflavik en Islande. A quelques dizaines de kilomètres se trouve Reykjavík, qui est non seulement la capitale la plus au Nord de l’Europe, mais également mon nouveau chez moi, et ce pour les quatre prochains mois. Quand j’arrive, il fait bien évidemment nuit depuis longtemps : pas le meilleur moyen d’apprécier le panorama inédit qui s’ouvre à moi pour la première fois. Le mystère restera donc intact jusqu’au lendemain…

J’ai quitté Paris le 31 août, tard dans la soirée, profitant du tarif préférentiel offert sur un vol à l’horaire peu accommodant. Il n’y a que moi, avec pour seule compagnie la foule d’inconnus qui font le même trajet, mes deux énormes valises, et cette petite boule au ventre qui apparaît lorsque l’excitation et la peur se mêlent indistinctement. Cette sensation, je la connaissais : j’ai ressenti la même, plus forte encore, il y a près d’un an lorsque je m’aventurais, seule à nouveau, vers la Transylvanie, pour mon semestre Erasmus. L’expérience fut un réel succès, et j’étais donc moins craintive face à ce nouveau départ.

Mais qu’allais-je donc faire sur cette île lointaine pendant ces longs mois ?

A mon retour de Roumanie, l’envie de voyage et de découverte était toujours présente en moi. J’ai donc décidé de me trouver un nouveau projet, et, un peu sur un coup de tête, de consulter le site de Haskoli Islands (l’université de Reykjavik) pour voir les programmes qu’ils proposaient en anglais. Ayant prévu de valider ma double-licence d’ici la fin de l’année, mais sans vraiment savoir quoi faire par la suite, j’ai continué mes recherches jusqu’à trouver la formation idéale : un diplôme à compléter en un semestre, sur le thème des sciences politiques des petits pays. Sujet de recherche atypique dont je n’avais jamais entendu parler, les small states studies m’ont semblé un angle intéressant pour aborder la political science. Ce programme étant spécialement conçu pour les étudiants étrangers, et délivrant un diplôme après quelques mois, c’était l’occasion idéale pour allier études et voyage dans un pays si lointain.

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C’est ainsi que je me retrouve dans la navette Flybus qui effectue la liaison entre l’aéroport et le centre-ville de Reykjavik, au beau milieu de la nuit. Je me rends ainsi à ma nouvelle adresse, suivant scrupuleusement (oui, c’est mieux de ne pas se perdre tout de suite quand même, il fait un peu froid) les instructions de Didda, la personne chez qui je loue une chambre. Elle est d’ailleurs là pour m’accueillir, et me faire visiter ma nouvelle demeure où deux autres colocataires dorment paisiblement. Alors me voilà, avec mes deux valises, dans ce nouvel appartement, cette nouvelle ville, ce nouveau pays. Il est maintenant 3h30, et il est déjà temps d’aller se coucher. Car, c’est pas tout, mais l’université a déjà commencé hier : il ne faudrait pas arriver encore plus en retard.

Demain sera une belle journée, demain je pars à l’aventure, demain je découvre. En attendant, je me laisse glisser dans les bras de Morphée…